Note d'intention

de

Julien cottereau

"J'aiguise depuis 2011 mon expérience de directeur artistique; Si mes solos tournaient autour d'un axe créatif déployant l'imaginaire autour des pratiques du mime et du bruitage pendant 20 ans, se profilent des envies d'élargir sur la scène le champ du dialogue, à l'horizon 2017/2018/2019 mais aussi concrètement pour Avignon 2016.


Que ce soit pour le projet Très Chère Afrique, qui se jouera au Théâtre Notre-Dame à 10h45 du 7 au 30 juillet 2016 avec 3 personnes au plateau, ou encore pour les projets F'âmes (cf dossier) et La Famille Charabia plus tard, avec 5 comédien(ne)s, il est et serait question pour moi de mettre en scène un espace choral d'écoute et d'expression, de provocations et de réactions entre les interprète-créateur(trice)s pour mettre en lien les univers du geste et du verbe. Trouver un style personnel, en révélant celui des comédien(ne)s, encourager leur désir de dépassement, mettre en lumière l'intimité, le rythme, la personnalité d'un(e) auteur(e) en créant des mélanges, des achoppements, des cassures, des mariages à harmoniser au service d'une histoire, d'une syntaxe : tous ces éléments nouveaux pour moi constituent un tournant significatif dans ma recherche de transmission.


Tout comme Le monologue de la femme rompue présenté en 2011 et 2012 en Avignon à La Luna puis au Théâtre Essaion à Paris avec le texte dense et peu ponctué d'une trentaine de pages de Simone de Beauvoir interprété par Fane Desrues, Très Chère Afrique est un véhicule littéraire exigeant.


Apparaissent ainsi, le mot en tant que « corps de la voix » et la voix en tant que « corps de la pensée ». Le geste part de l'immobilité, le mot du silence ; il s'agit de faire surgir avant tout, l'émotion chez les interprètes et ceci de la gangue du texte à l'éclat du souffle. Car s'il est bien une chose qui unit le geste et la parole, les artistes et le public : c'est le souffle. Brise légère ou violente tempête, il délit les styles et déploie l'élan des auteurs ; metteurs en scènes, écrivains ou interprètes insufflent un idéal commun : les artistes, c'est le public, nous, moi, c'est vous et l'art : la vie dans ce qu'elle libère -à qui peut bien le sentir, le voir, l'appréhender- de beauté, de force, d'optimisme et d'amour."

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